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Au travers de la mise en œuvre du Charte Forestière de Territoire, le Pays Adour Landes Océanes a affirmé la multifonctionnalité de la forêt (économie, protection, attentes sociales) dans la dynamique territoriale.

En travaillant sur les interactions entre le territoire et la forêt, un programme d’action a pu être mis en oeuvre au service de la forêt et du territoire.

 
 
 

un site que l’on aime bien
http://w3.upm-kymmene.com/upm/forestlife/

La loi du 9 juillet 2001 innove en matière de politique forestière en proposant un nouvel outil :  la  Charte Forestière de Territoire, ainsi  définie :  « Sur un territoire pertinent au regard des objectifs poursuivis, une charte forestière de territoire peut être établie afin de mener un programme d'actions pluriannuel intégrant, le cas échéant, la multifonctionnalité des forêts locales et visant :

  • soit à garantir la satisfaction de demandes environnementales ou sociales particulières concernant la gestion des forêts (…);
  • soit à contribuer à l'emploi et à l'aménagement rural, (…)
  • soit à favoriser le regroupement technique et économique des propriétaires forestiers,(…);
  • soit à renforcer la compétitivité de la filière (…). »

Les Chartes Forestières (CFT) se distinguent des autres outils de gestion de la forêt, comme les Plans de Développement de Massif, ou les Plans de Gestion.

Les CFT doivent s’inscrire dans le contexte territorial global pour que la forêt participe au développement durable du territoire. L’idée est de faire sortir «la forêt du bois".

 

 Comment maintenir une forêt de production ? Comment préserver la forêt élément déterminant de l'écologie du territoire, comment prendre en compte les attentes sociales ?
Le trait marquant du massif landais est un bon couplage entre la forêt et la filière de transformation (1er et 2ème). Les débouchés économiques donnent du sens au maintien des surfaces boisées, préservent l’emploi et consolident les richesses générées.
Au-delà des questions sur les nouveaux débouchés (construction bois, bois énergie), la modernisation de l’appareil productif, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, les évolutions du territoire peuvent remettre en cause ce couplage.
Face à une image « naturelle » que la société néo-rurale a de la forêt, les professionnels ont une vision productive. Ces visions s’opposent. Cette incompréhension est aussi liée à la méconnaissance des produits issus du pin des Landes, du tissu économique local et de son importance.
Les inquiétudes sur la performance des outils industriels de transformation se doublent d’une crainte de démotivation des propriétaires. Du fait des successions, les propriétés se  divisent accentuant le morcellement des parcelles. Le regroupement de la propriété reste peu développé aussi bien pour les travaux que la vente de bois. Cela pèse sur la compétitivité des entreprises. Dans les zones péri-urbaines, et celles proches du littoral, un phénomène spéculatif apparaît. L’acquisition de parcelles est un placement en attente d’une urbanisation future.
Dans un contexte d’urbanisation croissante, d’une pression sur la voierie, d’évolution des  techniques d’exploitation. Il est important de concilier la mobilisation de la ressource dans de bonnes conditions économiques avec la sécurité et la préservation des infrastructures routières.
Le Pin maritime présente  un fort taux d’inflammabilité. Cela implique un effort de communication. Malgré un nombre de départs d’incendie en hausse, le volume des surfaces détruites est en forte diminution.
L’intégration de la dimension développement durable est aussi à prendre en compte. La demande de produits certifiés augmente (stratégies marketing,  réceptivité croissante du public).  Ne pas  intégrer cet argument commercial peut conduire à des pertes de parts de marché et à dévaloriser les produits.
La prise en compte de la biodiversité dans la gestion forestière est un enjeu majeur. Elle peut  apparaître comme antinomique avec une exploitation intensive de la forêt. Or, la biodiversité permet d’améliorer la productivité et aussi l’état sanitaire des peuplements . Cet élément est particulièrement crucial pour le massif landais car plusieurs types d’attaques phytosanitaires sont identifiés.
 
  
Comment préserver la forêt, élément déterminant de l’écologie du territoire ?
Ce territoire présente de nombreux sites remarquables, souvent liés aux milieux forestiers : forêts dunaires, 3 réserves naturelles , sites Natura 2000 (10% du territoire). Pour ces différents milieux, la forêt joue un rôle majeur en assurant une fonction de protection contre les risques naturels (érosion, inondation).
Les boisements et le matériau bois interviennent à différents niveaux dans la lutte contre l’effet de serre, si la forêt est gérée durablement.
La forêt contribue à la préservation des paysages et de la biodiversité. La prise en compte de la biodiversité dans la gestion forestière est un enjeu majeur, comme expliqué précédemment.
La présence du massif joue un rôle fort pour maîtriser l’urbanisation.
Ce thème a aussi un impact sur l’image du territoire. Les éléments « nature », « espace », « qualité de vie et des milieux » participent du marketing territorial.
 
 
Comment prendre en compte les attente sociale ?
En raison des mutations du territoire, la problématique de l’accueil du public en forêt prend une nouvelle signification. Les rapports entre les habitants et le milieu forestier sont modifiés. L’espace forestier devient un support à des activités récréatives et la « culture » forestière des habitants disparait.
L’usager conçoit la forêt comme un espace de liberté, oubliant que celle-ci appartient à 88% à des particuliers, et qu’elle est contrainte par sa vocation économique. Le sylviculteur pour sa part n’a aucune rémunération pour ces services rendus.
De plus les activités pratiquées en forêt se sont diversifiées, aux activités traditionnelles (chasse, pêche, cueillette) se sont ajoutées des activités nouvelles (VTT, quad, randonnées…).Les conflits d’usage se multiplient.